âž³ Colin Crapahute

Février blanc

Dur mois de février.

Je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé. Peut-être que je suis monté trop haut sur la montagne et que j'ai fait la connerie de regarder en bas. Peut-être que c'est juste fatiguant de grimper sur une montagne. Peut-être que j'aime pas grimper des montagnes.

Toujours est-il que ce mois de février aura été celui des abandons.

  • Abandon de mon groupe de musique. J'avais rencontré un musicien très (trop?) motivé avec qui on avait tenté de faire de la musique. Moi, avec mes 1h30 de route à distance de lui, avec nos presque 20 ans de différence en pratique de la musique, avec nos ambitions et prétentions différentes... et ma peur d'échouer et de faire échouer d'autres avec moi. Je les ai abandonnés.
  • Abandon de l'accordéon. Il est resté muet, je ne le prenais que pour le "travail": travailler des morceaux pour le groupe, travailler des morceaux pour le prochain cours chez Jeannot. Je n'avais plus envie, il ne me faisait plus envie. Il est resté prendre la poussière en dehors de son sac. Je l'ai abandonné.
  • Abandon de mon jeu de société. Après plusieurs dizaines de playtest, mon jeu me fatigue, m'agace. J'ai beau le secouer dans tout les sens, je n'en sors pas ce que je veux. Il est imparfait, immonde, impossible à montrer, il ne rentre dans aucune case. Je le mets dans une boîte au noir et je l'oublie. J'en ai honte. Je n'en parle plus. Je l'abandonne.
  • Abandon des rencontres. Enfermé dans ma tête, frustré comme une poule qui qui tenterait de faire du bowling, j'essaie de rencontrer de nouvelles personnes. J'ai oublié comment faire ? Pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi je suis déçu ? Pourquoi on ne me regarde pas ? Laissez-tomber, je vais rester seul, ça me va bien. Je vous abandonne.
  • Abandon de ma chanson. J'avais commencé à écrire une petite chanson, un cadeau pour une amie, et pour pleins d'autres, une déclaration d'amour passionnée aux humains qui me font du bien. J'ai tenté d'y tout mettre, et puis plus rien n'a plus réussi à rentrer, je restais muet. Je l'ai abandonné, éparpillée sur des feuilles volantes et des feuilles de cahier.
  • Abandon du blog. En silence j'avais continué à écrire une poignée d'articles. Des idées me venaient, puis... plus rien. Plus le goût, plus le temps, plus l'envie. J'ai abandonné l'écriture.

A se taper la tête contre les murs, tout ce qu'on arrive à faire c'est se faire mal.

J'ai rendu mes yeux vitreux, je les ai fermés à tout ce qui ne me plaisait plus; on ne voyait plus grand chose à vrai dire. J'ai fermé les oreilles, fermé la bouche. Je me suis tut. J'ai beaucoup dormi.

Je crois que ça va mieux. Oui. Et même, ça va bien. J'aimerais juste arrêter de passer par des phases aussi difficiles, parce que j'arrive toujours pas à les gérer.

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