➳ Colin Crapahute

Fuck le doute

Il y a quelques années avec une amie, on se roucoulait dans les oreilles à se dire "Je doute, j'aime le doute, j'aime les gens qui doutent". C'était agréable de reconnaître quelqu'un qui refusait, elle aussi, d'avancer.

Moi je crois que j'ai compris pourquoi. Parce que j'aime bien, j'aime bien ce moment suspendu où l'on s'imagine les choix que l'on a. On s'invente des vies grosses, du genre de celle qui passent à la télé. J'aime bien être dans ma tête. Je suis bien assis et je regarde la télé de mes vies potentielles.

C'est confortable d'imaginer les choses.

Ce qui est difficile à comprendre pour moi, mais à force de taper je crois que ça rentre... c'est qui est difficile à comprendre c'est que c'est vachement drôle aussi de les vivre en vrai, ces vies. Que le meilleur moment pour les vivre, c'est toujours maintenant. Que c'est joli, une vie qui vit en dehors de soi. Tu sais c'est comme une flamme qui bouge, t'as pas besoin de comprendre pour l'apprécier. T'as pas besoin d'avoir tout réfléchi pour être satisfait de la voir, toute rouge et jaune, tout douce, qui danse. Moi aussi je veux danser ma vie comme ça.

Le doute j'aimais bien, oui. Ce moment tout sourire à regarder les étoiles. Le mieux c'est de partager ce moment avec quelqu'un d'autre, on sourit tous les deux, on respire, et c'est délicieux de respirer.

Mais j'avais bien compris que ça ne devait plus durer. Mais j'étais tellement bien... j'ai essayé plusieurs choses. J'ai essayé de laisser mon corps décider pour moi. L'idée était bonne, elle l'est toujours, mais j'étais allé trop loin. Faut juste recalibrer un peu. L'autre idée pour arrêter de douter c'était de s'oublier un peu, d'oublier son passé pour commencer. Ça aussi je crois que c'est une bonne idée, avec modération, toujours. Tout ça a bien marché le temps qu'il fallait.

En m'écoutant un petit bout de moi entre en rage et se dit "des stratégies d'évitement tout ça!", et, oui, c'est pas faux. Sauf qu'on est tous des machines cassées, on fait comme on peut, et si ça fonctionne, ça fonctionne. Mais il avait un peu raison quand même.

Alors j'essaie une nouvelle méthode. Je fais comme les néo-ruraux qui se rassemblent dans une yourte pour faire des trucs en pleine conscience, c'est-à-dire que je reconnaît la situation qui m'est présentée (un choix), je reconnaît l'état qu'il me procure (le doute) et j'emploie une stratégie de résolution efficace (choisir). Je crois que les entreprises ploutocrates agressives utilisent les mêmes techniques. Une phrase qui m'est venue et qui m'a beaucoup aidée à cerner le problème c'est celle-ci:

Un problème existe parce qu'on a pas encore choisi de solution.

Je suis pas encore sûr de la formulation, mais l'idée est là: un problème existe seulement quand on doute, et le doute existe parce que les solutions visibles ne nous plaisent pas. Choisir un solution, même en apparence mauvaise, fait disparaître le doute.

Ouais, faire disparaître le doute. Fuck le doute. J'en ai assez de douter, place à l'action bing beng bang paf pif paf pouf c'est ça aussi être punk c'est d'arrêter de se poser des questions est d'être radicalement gentil et bienveillant

C'est bien aussi des fois de vivre. Juste vivre. Non ? Si :)

#psycho

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